36_16
11_9
11_4

L’héritage & les influences

Être de son temps sans oublier le passé…
Prenez un modèle, imitez-le. Si vous n’avez rien à dire vous n’aurez rien de mieux à faire que de copier. Si vous avez quelque chose à dire votre personnalité ne paraîtra jamais mieux que dans votre inconsciente infidélité. »

Maurice Ravel

Les Maîtres du passé ne peuvent être que des modèles. Ils nous enseignent. Ils nous inspirent. Ils nous montrent le chemin et rayonnent par leur exemplarité.

Beethoven, Schubert, Bellini, Chopin, Liszt, Wagner, Verdi, Franck, Brahms, Saint-Saëns, Bizet, Moussorgski, Tchaïkovski, Dvořák, Grieg, Rimski-Korsakov, Fauré, Mahler, Debussy, Dukas, Sibelius, Ravel, Stravinski, Prokofiev, Gershwin, Chostakovitch, Bernstein et encore beaucoup d’autres, sont pour moi des pères — et j’ose croire qu’un jour l’on pourra dire des pairs — qui m’ont donné le goût de l’émotion, l’envie de la transmettre, et cette soif insatiable — certes prétentieuse mais non moins sincère — de vouloir toujours offrir quelque chose au monde !

Plus proches de nous, d’autres grands musiciens sont toujours pour moi une grande source d’inspiration : Duke Ellington, Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Dave Brubeck, Miles Davis, John Coltrane, Michel Petrucciani, Stefano Di Battista ou encore Elmer Bernstein, Ennio Morricone, John Williams, Vladimir Cosma, Dany Elfman…

Enfin, et par dessus tout, les deux compositeurs les plus chers à mon cœur restent Bach et Mozart, avec une affinité toute particulière pour ce dernier.

… et ses deux grands Maîtres !
Jean Sébastien Bach

Ce qui m’a toujours fasciné dans l’œuvre de Jean-Sébastien Bach, c’est ce petit cours d’eau de quelques notes, qui, mesure après mesure, devient ruisseau, puis rivière et, charriant tout sur son passage, inonde la vallée de nos âmes de grandes crues contrapuntiques, jusqu’à l’apothéose finale où un fleuve de notes se jette dans l’immensité. Telle pourrait être la définition d’une fugue de Bach.

Ce qui confère à Bach ce véritable statut de Père de la musique occidentale, tel un colosse sur son piédestal, c’est bien cette imagination sans borne qui lui permet de transformer la moindre petite note d’eau en un océan de musique. Cette force unique de pouvoir passer du rien au tout, tout en ayant l’air de rien.

Oui, Bach, c’est la Musique. Toute la Musique. Qu’y aurait-il dans l’œuvre de n’importe quel compositeur — et même Schönberg ou Stravinsky — qu’il n’y eût déjà dans l’œuvre de Bach ?

Bach, c’est aussi — et peut-être surtout — l’amour de Dieu. Sa musique est une traduction constante de la Genèse : « Que la lumière soit. Et la lumière fut ». Bach ne cesse de mettre ces mots en musique, de traduire par les notes l’expression de cette force jaillissante, implacable et divine, et parvient à faire naître en nous ce sentiment du dépassement de notre propre condition humaine, ce sentiment fort et absolu de l’ineffable et de l’inexpliqué. Avec lui, le beau, le vrai, le divin, est tout proche, accessible, enfin à portée de main. Il nous promet sans cesse cet au-delà. Il nous l’affirme à coup de contrepoint. Le doute n’est plus permis : avec lui, nous y sommes !

Jean Sébastien Bach

Mais Dieu — quand il existe ! — envoie toujours son fils sur terre. Si nous avons besoin d’un père, nous avons aussi besoin d’un frère. Et si le Cantor de Leipzig reste le maître incontesté de l’écriture et du contrepoint, Wolfgang Amadeus Mozart est — pour moi — le génie de la forme ; le maître de la structure équilibrée et cohérente, s’articulant toujours autour de ce qu’il sait faire le mieux, qui lui est propre et inné : la mélodie, le chant et la grâce.
Toute la musique de Mozart n’est que chant. Mozart, c’est l’opéra, le drame et le théâtre. En ce sens, quel compositeur plus dramatique que lui ? Et c’est précisément ce goût du drame qui lui permet l’excellence dans la maîtrise de la forme sonate ; car qu’est-ce que la forme sonate sinon la mise en musique d’un drame où les personnages de chair sont les mélodies de l’esprit. Ce qui m’étonne toujours le plus chez Mozart, c’est cette extraordinaire capacité à concevoir l’œuvre dans son ensemble ; cette capacité à construire un édifice qu’il faut regarder de loin pour en apprécier toute la grandeur.

S’il est vrai que Beethoven cèdera plus d’une fois à ses petits caprices et interrompra sans vergogne le discours musical, Mozart, quant à lui — enfant du siècle des Lumières, non du Bonapartisme —, et malgré son génie, ne se permettra jamais de dicter à la Musique. Notes après notes, il restera son humble serviteur. Et dans sa quête d’universalité, il mettra tout son art au service de la clarté et de la simplicité. Et contrairement à son maître-ami Haydn qui, par sa musique, nous emmène toujours là où il veut et non là où on l’attendait, Mozart, lui, tout en allant exactement là où il le désire, nous prend par la main et nous donne le sentiment que nous sommes là où nous avions toujours rêvé d’être ! Comme si la musique coulait de source ; comme si la musique était une évidence. Comme si sa musique avait toujours été en nous.

Enfin, comment ne pas admirer chez lui cette façon si particulière — et qui fait souvent défaut à Beethoven, moins à Schubert — qu’il a d’écrire de la musique sérieuse sans jamais se prendre au sérieux ; en nous parlant de nous et de nos heures graves, mais avec tant de légèreté. Mozart, cet amoureux des hommes et de l’humanité.

  • Par : compositeur
  • 13/06/2008

Catégories

NOTE : votre premier commentaire sera d’abord lu par le modérateur...

Enregistrements

  • Écoutez les œuvres !

    Retrouvez tous les enregistrements des œuvres du compositeur...

  • Album

    Découvrez le premier album entièrement composé et produit par le compositeur...

Vidéo du mois

Bach : Prélude BWV 846

Le compositeur

  • Œuvres complètes

    Retrouvez plus d’une cinquantaine de pièces du compositeur, pour diverses formations (orchestre, chœur, quatuor, piano, etc.). Vous pourrez même télécharger certaines partitions gratuitement...

  • Biographie

    Vincent Alexandre Jockin est né le 31 mai 1976 à Toulouse, au sein d’une famille heureuse et mélomane. À partir de 1995, après l’obtention du Baccalauréat (série scientifique), il décide de se consacrer entièrement à la composition et poursuit ses études musicales à l’université, puis au conservatoire, en cycle supérieur...

Autres activités

  • Pianiste

    Vincent A. Jockin a l’honneur d’accompagner au piano le  trio gan ainm, groupe fondé en 2001 avec ses amis de toujours : Jacob Fournel — immense flûtiste de la scène traditionnelle irlandaise —
    et son frère Josselin Fournel — percussionniste inégalé et incomparable au bodhrán...

  • Professeur de piano

    Depuis plusieurs années, et en dehors de toute structure, le compositeur donne également des cours particuliers de solfège et de piano. Il essaye sans relâche de faire passer l’idée que la musique est un art — un grand art — et que par conséquent elle est ennemie de la facilité, elle est exigeante, elle demande labeur et acharnement, et bien souvent la négation de soi, mais elle apporte tant de satisfactions à qui sait être patient...